Guide TIV

Décaper un bloc avant l'inspection visuelle

Le décapage intérieur est l'étape que tout technicien en inspection visuelle (TIV) connaît et que beaucoup redoutent : indispensable pour voir l'état réel du métal, fastidieuse quand on n'a pas le bon outil. Ce guide résume la méthode, le matériel et les précautions pour décaper une bouteille de plongée en acier avant son inspection.

Pourquoi décaper avant d'inspecter ?

L'inspection visuelle périodique (annuelle en club FFESSM, dans le cadre du TIV) consiste à examiner l'intérieur de la bouteille à la lampe ou à l'endoscope pour détecter corrosion, piqûres, fissures ou dépôts. Or une fine couche d'oxydation, de calamine ou d'humidité séchée masque précisément ce qu'on cherche : une piqûre de corrosion sous un voile de rouille est invisible. Décaper, c'est remettre le métal à nu pour que le diagnostic soit fiable. C'est aussi éliminer les dépôts qui, laissés en place, entretiennent la corrosion et finissent dans le détendeur.

Le matériel

Les fouets d'atelier vendus dans le commerce de plongée coûtent de 98 à 200 € l'unité. Le kit DécapBloc, normal + inversé, fabriqué à la main en inox 1,2 mm avec axe gainé, est à 150 € livré en France.

La méthode, étape par étape

  1. Vider la bouteille complètement et déposer la robinetterie. On n'intervient jamais sur un bloc sous pression, même résiduelle.
  2. Première inspection à la lampe : repérer les zones atteintes, photographier si nécessaire. C'est votre point de comparaison.
  3. Fixer la bouteille fermement, à l'horizontale ou à la verticale, à l'aide d'un outil adapté. Éloigner les personnes présentes.
  4. Monter le fouet normal dans le mandrin. Vérifier les brins (aucun cassé) et la gaine de l'axe (intacte : c'est elle qui protège le filetage du col).
  5. Introduire le fouet à l'arrêt jusqu'au fond, puis démarrer progressivement, sans dépasser 1 000 tr/min. Effectuer des va-et-vient lents sur toute la longueur des parois en faisant tourner la bouteille d'un quart de tour toutes les 20 à 30 secondes.
  6. Arrêter la rotation avant de ressortir le fouet. Un fouet qui tourne hors de la bouteille fouette l'air à plusieurs mètres par seconde : c'est le principal risque de blessure.
  7. Passer au fouet inversé pour l'ogive et la zone sous le col : même règle, on introduit à l'arrêt, on démarre dedans, on arrête avant de sortir. Quelques dizaines de secondes suffisent. Pour le retirer, tourner légèrement le fouet à la main en même temps qu'on le sort : les brins recourbés se replient et ne se coincent pas dans le col (effet parapluie), ce qui évite d'abîmer le fouet.
  8. Vider les résidus (retourner la bouteille, tapoter), rincer à l'eau douce si le bloc était humide ou très encrassé, puis sécher complètement à l'air sec. Une bouteille refermée humide repart en corrosion.
  9. Inspection finale à la lampe ou à l'endoscope : le métal doit être uniformément mat et propre. Toute piqûre, fissure ou zone anormale relève de la décision du technicien habilité et, le cas échéant, d'une requalification.

Les erreurs à éviter

Combien de temps ?

Avec les deux fouets et un bloc fixé correctement, comptez 10 à 15 minutes par bouteille décapage compris, séchage à part. Pour une session de club de vingt blocs, c'est une demi-journée à deux personnes : l'une décape, l'autre rince, sèche et inspecte.

Entretien des fouets

Rincer à l'eau douce après la session, sécher, ranger à plat. Les brins en inox s'usent normalement avec les années : un fouet dont les brins sont raccourcis ou déformés décape moins bien et doit être remplacé. Contrôler la gaine de l'axe à chaque usage.

Rappel réglementaire. Le décapage prépare l'inspection, il ne la remplace pas et ne préjuge pas de l'aptitude du bloc. La décision de remise en service, de réforme ou de requalification appartient au technicien habilité, dans le cadre de la réglementation en vigueur et des procédures de sa fédération.
Voir le kit DécapBloc — 150 €Devis pour un club